La société multiculturelle, une fiction |
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La société multiculturelle est une contradictio in terminis. Généralement, on pense que les fusions de cultures mènent automatiquement à une synthèse. Ce n’est qu’un faux semblant, car le terme « multiculturel » est en fait une source de tensions et de conflits. Une société multiethnique, au contraire, semble être possible, pourvu qu’il y ait une culture qui chapeaute le tout : unité culturelle avec diversité d’origine.
Partie I Aperçu1. Les intentions de la Fondation
Notre pays est de plus en plus surpeuplé, et la liberté individuelle est de plus en plus réduite. C’est pourquoi le nombre de cas de criminalité et d’agression augmente aussi. Ceci cause des sentiments de danger et d’incertitude. L’intention principale de la Fondation est donc la réduction à terme de la population des Pays-Bas à un nombre raisonnable. Provisoirement, nous pensons à un chiffre de dix millions, c’est-à-dire le chiffre tel qu’il était vers 1950. À cette époque, les Pays-Bas étaient déjà considérés comme surpeuplés, et pas seulement au sens économique. À cette époque, les autorités ont mis sur pied une politique active d’émigration. Les idées du gouvernement de cette période sont les mêmes idées que nous avons actuellement.
2. L’immigration mise à l’ordre
À l’égard de l’immigration, elle a toujours montré des réserves, causées par le tabou social qui entoure ce phénomène. D’après ses principes cependant, la Fondation se voyait obligée de mettre explicitement l’accent sur l’immigration, étant donnée sa contribution importante à la pression démographique dans notre pays. Chaque pays a sa propre responsabilité envers son surplus de population et ne doit pas le répercuter sur d’autres pays. Momentanément, la population des Pays-Bas va toujours croissant. Le surplus de l’immigration ainsi que le surplus de naissances contribuent ainsi pour beaucoup à l’augmentation du nombre d’habitants. L’effet de l’immigration est en fait plus considérable que les chiffres le laissent croire, car dans le nombre de naissances sont calculés aussi les enfants des immigrés nés aux Pays-Bas. Entre-temps, le chiffre des naissances des Néerlandais autochtones a baissé au-dessous du « niveau de remplacement » de 2,1 enfants par femme (le chiffre officiel) ce qui pourrait amener, à terme, la diminution de la population. Mais cet effet favorable pourra être totalement effacé par l’afflux incessant de nouveaux immigrés et de leurs familles, en moyenne plus grandes que les familles néerlandaises.
Dans une première étape, nous avons inventorié la problématique. Les résultats ont été publiés dans notre brochure intitulée « Occupation complète, les Pays-Bas et l’immigration ». Dans cette brochure, il y a un aspect que nous voulons traiter ici plus amplement : les conséquences sociales pour la société néerlandaise et plus spécifiquement, la « société multiculturelle ».
3. Les conséquences sociales de l’immigration
Il est prouvé toujours plus clairement que notre société ne peut assimiler adéquatement l’afflux en si peu de temps de tant de personnes avec des passés culturels tellement différents. Naturellement, il y était aussi question de plusieurs cultures avant la vague récente de l’immigration, mais il s’agissait presque toujours d’un passé commun qui était d’origine européenne, chrétienne. Malgré leur déménagement géographique, ces immigrés pouvaient trouver leur place dans leur groupement social. À cette époque, l’intégration avait lieu sur des terrains divers. Maintenant, il n’est guère question d’intégration, parce que les immigrés ne trouvent pas de groupement convenable dans la société néerlandaise. Du reste, il n’y a plus de groupements, et par conséquent, il se crée un « apartheid spontané » entre les autochtones et les divers groupes d’allochtones. Le signe le plus évident, qu’on peut constater partout dans ce pays, est le mot d’ordre de s’éviter réciproquement. Ceci se traduit entre autres par la création de « quartiers noirs » et d’« écoles noires ».
Les bonnes perspectives d’intégration seront de plus en plus réduites et les perspectives d’un apartheid dans notre société seront de plus en plus grandes si le nombre d’allochtones augmente et que l’afflux se poursuit. Ceci signifie une source permanente de tensions et de conflits, comme l’illustrent clairement les événements dans le monde (voyez ci-après dans cette brochure). Nous pouvons le formuler autrement aussi : une société multiculturelle, ou bien l’existence permanente de deux ou plusieurs cultures différentes séparées dans la même société, est une fiction et est une source de problèmes sociaux.
4. Les Pays-Bas comme société multiculturelle
5. Situation alarmante
Un aspect très paradoxal est que la nouvelle ségrégation dans notre société s’est produite précisément au moment où les anciennes oppositions et inégalités dans la société autochtone disparaissaient très rapidement. Ceci grâce à l’introduction de la sécurité sociale, de la mobilité sociale toujours plus grande (l’accessibilité aux positions supérieures pour des personnes de tous les rangs et classes), l’émancipation des femmes, et grâce à la disparition de la structure des fondements et des oppositions religieuses qui existaient.
6. Prise de position de la fondation
Partie II La « multiculturalité » analysée en détail
Chaque société est plus ou moins multiculturelle. Des changements drastiques dans la démographie d’une société peuvent causer de grandes inquiétudes et une sorte d’apartheid continu. Dans cette partie, nous allons examiner plus en détail les aspects des différents groupes culturels qui vivent l’un à côté de l’autre dans notre société. Tout cela va être placé dans un cadre historique et international : qu’est-ce que nous pouvons apprendre des situations qui se présentent ailleurs dans le monde, ou qui se sont produites dans le cours de l’histoire ? Il en ressortira que les développements qui se produisent aux Pays-Bas et que nous pouvons attendre, se déroulent selon un modèle où des idées d’humanité sont supplantées des idées utopiques.
7. Gradations de l’hospitalité dans l’immigration
Quelquefois, il est question de recrutement. Ainsi, des ouvriers espagnols, italiens, turcs et marocains ont été recrutés pour venir travailler aux Pays-Bas. Dans le cas des esclaves, de l’Afrique au continent américain, il s’agissait de contrainte, de même que pour la déportation des indiens d’Amérique du Nord vers les réserves.
Nous connaissons aussi les confrontations violentes entre autochtones et immigrés, par exemple la lutte entre les juifs et les Palestiniens en Israël ; la lutte entre les Américains blancs et les indiens ; la lutte des Anglais contre les aborigènes et les Maoris en Australie et en Nouvelle-Zélande. Ces deux derniers groupes, ainsi que les indiens, ont presque perdu leurs propres cultures et furent même presque exterminés.
Dans la République des Pays-Bas du XVIIe siècle, l’immigration se passa aisément et a joué – du point de vue social – un rôle positif. Au sens relatif, le nombre d’immigrés était alors élevé, mais si on le compare avec les chiffres actuels, il est faible. Les nouveaux venus, pour la plupart des personnes lettrées, étaient bien acceptés. C’est pour cela qu’ils se sont facilement adaptés. Comme il n’y avait seulement que deux millions d’habitants, il y avait bien assez de place ici. Mais tout qui venait ici, était bien obligé de gagner sa vie, puisqu’il n’existait pas encore de système d’aide publique. Il était donc uniquement question d’adaptation ou d’échec. La situation changea quand, après 1970, des masses croissantes d’immigrés arrivèrent, qui manquaient de perspectives économiques et sociales. L’immigration, aux Pays-Bas, est alors devenue un sujet de discussion et de tension.
8. Diversité dans la société
Généralement les différentes formes citées correspondent aux différences culturelles.
9. Ségrégation dans les quartiers
Les centres industriels ont surtout attiré des ouvriers temporaires, appelés plus tard ouvriers de l’étranger, et des immigrés. Ensuite, les autochtones partent, et il se crée un quartier d’étrangers et de minorités. Ces concentrations attirent à leur tour une nouvelle génération de nouveaux arrivants, de sorte que les autochtones partent encore plus rapidement.
Les vieux préjugés sur la criminalité, les nuisances sonores, etc., dans les quartiers défavorisés se font sentir encore plus fortement. Même si la situation économique ne s’aggrave pas, le chômage reste important dans ces quartiers si l’immigration se poursuit. Ci-dessous quelques exemples de ségrégation dans quelques quartiers :
Dans ce dernier quartier, un microcosme turc s’est développé, avec une société de plusieurs centaines de milliers de personnes qui est financièrement presque indépendante, avec leurs propres magasins et toutes autres sortes d’activités. On n’écoute que la radio et la télé turques. Du fait de leur concentration dans le groupe, la troisième génération de Turcs s’exprime plus difficilement en allemand que la deuxième. Mais l’école ne se fait qu’en allemand. De telles situations menacent les Pays-Bas aussi. Quelque chose de ce genre est en train de naître dans le quartier Delfshaven à Rotterdam (voyez le quotidien De Volkskrant du 22 janvier 2000, p. 6). La politique culturelle maladroite du gouvernement néerlandais, notamment l’introduction de l’enseignement non néerlandais, y a fait que l’immigration turque aux Pays-Bas est la pire de toutes les sociétés turques en Europe occidentale.
À cause de la même conduite d’évitement, comme nous le voyons dans les quartiers-dortoirs, on voit naître dans ces villes des « écoles noires » fréquentées surtout par des élèves allochtones. C’est une preuve d’une sérieuse mise à l’écart. Dès que le nombre d’élèves et de professeurs allochtones se monte à un pourcentage important, les élèves autochtones éviteront cette école, et bien vite la population d’élèves de l’école est tout à fait allochtone. 6 % des écoles primaires néerlandaises ont la moitié d’élèves allochtones. Dans les grandes villes, 41 % des écoles sont même fréquentées par au moins 60 % d’enfants allochtones (Rapport du CBS [Bureau Central des Statistiques], 1997, p. 252).
10. Le nouvel apartheid
Le nouvel apartheid se manifeste aussi par un chômage considérable et une culture de la pauvreté dans les quartiers d’immigrés. Ensuite, ces derniers phénomènes accélèrent le chemin de la criminalité. Malgré les grands efforts de l’enseignement et le marché de l’emploi qui visent l’intégration des minorités, le résultat en reste minimal à cause de l’afflux continu de nouveaux immigrés. En langage populaire : « c’est un emplâtre sur une jambe de bois ». Il y a, semble-t-il, une course entre l’immigration et l’intégration. La chance d’une intégration favorable diminue toujours, tandis que l’immigration augmente et la population s’accroît. Voilà ce que nous ne voulons pas. Mais nous ne sommes pas les seuls, comme le prouvent des articles et des livres du passé et de nos jours (voyez la liste des ouvrages consultés).
Le publiciste Paul Scheffer a analysé et décrit l’échec de l’intégration dans son article « Het multiculturele drama » (« Le drame multiculturel »), paru dans le journal NRC-Handelsblad du 29 janvier 2000. Cet article a fait couler tant d’encre qu’il fit l’objet d’un débat à la Chambre des Députés des Pays-Bas. Mais ce débat n’a pas donné l’impulsion à un changement réel de la politique envers les étrangers.
La société peut se comparer à un écosystème. Si le bilan existant est dérangé, une situation explosive peut en résulter. Il est alors question d’un mélange inflammable socialement.
11. Changement de l’attitude de la majorité
Il est à regretter cependant que nous voyions que de nos jours un groupe grandissant de Néerlandais a une image négative de l’immigration et des immigrés. Les démonstrations de cette conduite varient entre l’évitement (nous l’avons déjà mentionné), pour ceux qui ne veulent pas s’en occuper, d’une part, des attitudes négatives comme la discrimination et l’agression, d’autre part. Les raisons en sont d’abord le grand nombre d’immigrés et les motifs assez douteux dont ils se servent pour venir aux Pays-Bas. Il est normal que l’on se demande où est le sens de tout cela et quand cela va finir. Plus émotionnellement, on a tendance à associer de manière partiale toutes sortes de problèmes, comme la criminalité et l’appropriation excessive des fonds sociaux, à certains groupes d’immigrés. Ci-dessous, un aperçu de quelques facteurs qui ravivent ces sentiments :
Si, à côté de cela, une grande minorité se profile de manière formelle, avec son propre système de mœurs et de coutumes, et même ses propres lois, on considère cela comme injuste et même comme une menace de sa propre vie privée. Il est vrai que dans la plupart des cas, une telle culture propre d’un nouveau groupe ne prend pas racine dans un nouveau pays, mais il y a pas mal d’exemples de situations alarmantes qui peuvent se présenter, comme au Kosovo, avec sa religion orthodoxe, où en 1910, seulement 7 % de la population étaient islamiques, un chiffre qui en 1960 s’était monté à 60 % ! L’ancienne majorité chrétienne est devenue une minorité dans son propre pays et se sentait toujours plus acculée avec toutes les suites horribles qui ont découlé de cette situation.
Malheureusement, il ne faudrait pas que la mentalité d’hospitalité et de tolérance des Néerlandais qui, au fond est naturelle, se transforme en sentiments d’évitement et de xénophobie du fait d’une politique d’immigration aberrante. Pour un gouvernement sage, il est d’une grande importance de ne pas en arriver là, sinon nous aurons à faire avec des personnes ayant une mentalité radicale, comme nous le voyons déjà dans beaucoup de nations autour de notre pays.
12. Causes profondes de conduite difficile
Dans une conférence sur la problématique raciale en 1955, le professeur surinamien R. van Lier (professeur de sociologie des peuples non occidentaux à l’université de Wageningen) a très bien expliqué ce modèle de conduite typiquement humaine. Il a dit que les habitants des Pays-Bas ont, à juste titre, désavoué l’Afrique du Sud et les États-Unis. Selon le professeur Van Lier, les Néerlandais ne pratiquaient pas la discrimination parce que les « étrangers » étaient peu nombreux ici. Il ne s’agissait que des « personnes indiennes » rapatriées, des étudiants et quelques marins. Il supposa que si beaucoup de personnes avec des habitudes étrangères pour nous et une autre apparence venaient vivre dans nos quartiers, les Néerlandais eux aussi allaient – plus ou moins instinctivement – développer une attitude défensive.
Cette réaction est fondée sur le caractère humain enraciné et se manifeste plus fortement pendant des périodes « difficiles », comme le chômage.
M. Van Lier, lui-même originaire du Suriname, savait très bien de quoi il parlait, car il avait fait des études dans les groupes divers de la société surinamienne avec des relations mutuelles difficiles. Sa vision se réalise. Il est maintenant question d’un problème avec les immigrés, surtout dans les grandes villes. On parle aussi du drame multiculturel. Hélas, il y a maintenant une résistance croissante envers les étrangers, surtout dans les quartiers des grandes villes. Autrefois, cette résistance n’existait pas ici.
13. L’attachement à l’identité culturelle propre
Chaque culture est également précieuse comme fonction unissante dans sa société. Dans une société existante, les différences socioculturelles ne sont, au fond, pas étrangères entre les groupes. Les problèmes entre les cultes chrétiens, la lutte linguistique en Belgique et l’émancipation de la femme sont souvent beaucoup moins profonds que les conflits où une société existante est menacée de l’extérieur par la guerre, la conquête ou l’immigration de masse involontaire. Étant donné cet arrière-plan, la coexistence permanente de deux cultures fondamentalement différentes dans une seule société n’est pas possible : en fait, il n’est plus question d’une seule société. Vu cet arrière-plan, il est peut-être aussi possible de donner l’explication de la thèse du publiciste Raymond van de Bogaard dans le quotidien NRC-Handelsblad du 12 mars 2001, qui plaide la formation d’États ethniquement homogènes dans l’ancienne Yougoslavie.
La mesure des différences culturelles est importante. Il y a des différences culturelles relativement mineures dans chaque société, par exemple l’âge, la profession, l’état social. Il est bien question de sous-cultures ; elles s’accompagnent de la formation de sous-groupes assez séparés. Il n’y a pas de problèmes pour la stabilité de la société si ces sous-cultures sont recouvertes par une culture collective (ici, néerlandaise) avec des éléments communs comme la langue, les mœurs et les coutumes, l’ordre judiciaire.
Les problèmes ne viennent qu’avec de grandes différences culturelles, comme celles qui se manifestent du fait de l’afflux d’un grand nombre d’immigrés aux Pays-Bas. Les cultures allochtones diffèrent trop pour s’insérer dans la culture néerlandaise qui les chapeaute. Les problèmes commencent avec des conflits latents sur les mœurs et les coutumes. La peur de la perte de sa propre identité y joue un rôle important. De tels tensions et conflits se produiront surtout dans des périodes de circonstances économiques difficiles et d’instabilité politique. L’histoire mondiale et les informations des quotidiens dans le monde d’aujourd’hui nous donnent un grand nombre de telles illustrations. Mais jamais on n’a consulté les Néerlandais, ni par référendum, ni par des élections, sur le fait de vouloir une société multiculturelle.
14. L’identité culturelle propre de l’islam
La conscience du grand nombre d’habitants et du pouvoir économique dans beaucoup de pays islamiques a créé un esprit revanchard à l’égard des anciens colonisateurs et profiteurs de l’Occident. Des sentiments de revanche, de victoire, de domination et de supériorité sont nourris par l’islam même : Mahomet est le dernier prophète ; le Coran, révélé littéralement et intégralement par Dieu même, n’est d’aucune manière dissocié comme document culturel et historique d’avec son époque ; la prédication de l’islam, au besoin avec violence, est dogme de foi.
Tout cela ne s’applique pas à tout le monde islamique. L’islam lui aussi connaît des courants orthodoxes et libéraux, avec des responsabilités personnelles. Les fidèles vivent dans le respect pour le prochain, même si celui-ci a une autre religion ou un autre mode de vie. Si de tels courants dans un certain pays correspondent aux idées de l’islam, une bonne coopération entre les musulmans et les autres religions est possible. Mais ce sont justement les convictions religieuses et les visions fondamentalistes qui sont propagées par beaucoup d’autorités spirituelles et politiques islamiques . De cette façon, ils manipulent les masses dans les pays islamiques et ceux plus lointains, même aux Pays-Bas.
Aux Pays-Bas, pratiquement la moitié des immigrés extérieurs à l’Union européenne sont d’origine islamique, et c’est en même temps le plus grand sous-groupe qui est en état de mettre son individualité culturelle et religieuse en jeu en cas de problèmes, s’il y a de fortes concentrations de musulmans salariés modestes, en chômage et illégaux. À cela s’ajoute que les immigrés musulmans, à l’origine peu éduqués et sous-développés, ont des liens proches avec leurs leaders très orthodoxes. Beaucoup d’imams viennent directement de la Turquie et du Maroc et ne parlent pas le néerlandais. En résumé, l’islam pourrait facilement devenir une base de mobilisation pour des agitateurs (Rapport socioculturel du Sociaal en Cultureel Planbureau, 1988, p. 272).
Il est prouvé que cette agitation ne peut être vue comme hypothétique, étant donné l’affaire « Téhéran-sur-Meuse » (décembre 2000), où, à Rotterdam, une pièce de théâtre fut annulée après des menaces faites par le Maroc parce que le contenu serait vexatoire pour l’islam. À la suite de cela, Mme Fatima Elatik, socio-démocrate, immigrée et ex-membre de la Chambre des Députés néerlandaise, et maintenant membre du conseil municipal d’Amsterdam, déclara que la liberté d’opinion a ses limites. En plus, on a vu récemment que le conflit palestino-israélien entraîna des musulmans aux Pays-Bas à passer leur colère sur des propriétés juives.
Chaque religion connaît sa phase fondamentaliste, mais ici en Europe on n’a pas besoin d’un fondamentalisme islamique nouvellement importé. Nous sommes heureux d’être enfin libérés des anathèmes, bûchers et guerres religieuses qui ont joué un rôle tellement important dans les Églises de l’Occident libre. Aucun chrétien n’y reviendrait de gaieté de cœur. L’atmosphère de tabou qui entoure cependant ce sujet fait que nos bureaucraties ne crient pas suffisamment à l’injustice devant ces formes de fondamentalisme islamique. Il n’y a du reste une indignation sélective que dans l’Union européenne, lorsque le Vatican est accusé d’avoir une politique « fondamentaliste » à cause de son interdiction des moyens contraceptifs et du combat contre le sida, tandis que l'islam dans ses formes fondamentalistes n’a guère de restrictions politiques en Europe.
15. Exemple de l’intégration européenne
Maintenant que les frontières internes disparaissent en Europe et que le nivellement se produit sur tous les terrains, il apparaît que le citoyen va se rapprocher toujours plus de son identité régionale et culturelle propre. Entre les murs de l’Union européenne multiculturelle, où une rencontre sportive ou un petit conflit politique entre les États membres suffit pour provoquer des sentiments négatifs réciproques, le processus politique d’intégration tombe à plat. Des décisions au sommet passent par l’avis des électeurs. Entre-temps, se développe imperceptiblement un tourbillon de petites liaisons régionales où l’identification et l’identité propre dans la région d’origine ont des rapports tendus avec le bastion bureaucratique de l’Union européenne. Même les outils d’une Union européenne économiquement forte ne semblent pas en état d’arrêter voies du séparatisme. Quelques exemples :
Tous ces gens sont à la recherche d’une manière d’avoir leur identité culturelle, politique ou religieuse propre, et sont de temps en temps disposés à payer un haut prix pour obtenir leur idéal. Dans cet aspect, les Européens ne diffèrent pas des immigrés de l’extérieur qui cherchent aussi la sécurité économique dans l’Union européenne et pour qui l’identité propre, la reconnaissance et l’attachement au sous-groupe propre sont des arguments de grand poids.
Partie III Obstacles pour une politique rationnelle
16. Atmosphère de tabou et paralysie politique
Le Parlement et les médias en ont pris connaissance avec consentement, ou bien résignation indolente. Jusqu’à présent il n’y a pas de signes qu’on a l’intention de changer de position. Pendant le débat parlementaire déjà mentionné du « drame multiculturel », on a fortement contourné la cause, l’afflux continu de l’immigration.
17. Causes idéologiques profondes
La majorité autochtone d’un pays n’a besoin de se manifester comme majorité culturelle que quand elle doit défendre sa propre identité. C’est pourquoi, dans une société avec diverses cultures, la majorité et la minorité lutteront toujours pour défendre leur identité. Dans l’atmosphère de tabou actuelle, il n’est pas possible de transformer la société multiculturelle existante en une société monoculturelle, malgré que les éléments jouent un rôle important dans « l’idéologie politiquement correcte » de nos jours :
Partie IV Sommaire
18. Recommandations concrètes
Il faut faire de grands efforts pour l’intégration des étrangers qui vivent aux Pays-Bas. Une langue commune y est un facteur important. L’éducation néerlandaise et le marché du travail ont une grande tâche à accomplir. Mais l’administration devrait se servir aussi d’abord de la langue néerlandaise dans les relations quotidiennes à l’écrit. On devrait éviter l’usage du turc et de l’arabe à l’école et dans les dépliants.
Les réfugiés forment une source d’accroissement démographique incessant. Du fait des développements mondiaux et de l’attitude défensive des autres pays européens, l’afflux des immigrés aux Pays-Bas s’est toujours intensifié ces dernières années. Il n’est plus possible de faire intégrer un tel nombre de personnes. Il est de la mentalité néerlandaise d’aider des personnes en danger, mais l’abus des règles doit être décrit comme un scandale, sinon la disponibilité à aider va diminuer.
Le gouvernement démérite si l’on ne cherche pas d’autres formes pour l’assistance des réfugiés, afin d’éviter que les moyens de la société néerlandaise ne soient dépassés. Une partie des étrangers ne se déplaît pas aux Pays-Bas et n’est pas intégrée. Les liens matériels les lient toujours aux Pays-Bas. Pour les immigrés qui retournent, on pourrait introduire des règles pour des allocations de longue durée. Les règles trop restreintes jusqu’à présent ne suffisent pas.
Comme pays surpeuplé, les Pays-Bas ne peuvent accueillir qu’un petit nombre de demandeurs d’asile et absolument pas des réfugiés économiques. Les immigrés ne peuvent s’intégrer que quand il y a de l’emploi en suffisance et une mode d’existence pour eux. L’accueil pourrait être basé sur le consentement d’une grande partie de la population néerlandaise ; il ne peut être seulement basé sur la considération d’un groupe élitaire, politique et social. De plus, on pourra exiger de l’immigré une conduite positive envers les Néerlandais, la langue néerlandaise, certaines mœurs néerlandaises et la culture néerlandaise. Pensons à l’égalité de l’homme et de la femme, à la restriction des naissances, aux relations modernes entre parents et enfants, à la pluralité religieuse et politique. L’immigré ne peut être criminel et devra se disposer à collaborer avec les Néerlandais pour le relèvement continu de la société néerlandaise.
L’administration néerlandaise doit être disposée à retirer les leçons des fautes qu’elle a faites dans le temps dans l’accueil des ouvriers étrangers. Si maintenant les employeurs demandent à nouveau d’attirer des employées des pays hors de l’U.E., les autorités ne doivent pas y consentir. Du reste, nous sommes d’avis qu’un afflux d’ouvriers des pays de l’U.E. est aussi indésirable, étant donné le surpeuplement. Plus que des ouvriers de pays voisins, les ouvriers des pays lointains auront beaucoup de problèmes dus à un manque de connaissances linguistiques, une éducation différente et d’autres mœurs et coutumes. Les ouvriers immigrés d’aujourd’hui seront alors les ouvriers jetables d’hier. À notre avis, c’est une politique inhumaine. Si dans un secteur industriel il manque d’ouvriers, il faut chercher d’autres solutions : des salaires plus élevés, le déplacement à l’étranger de la production, au lieu de l’immigration des ouvriers aux Pays-Bas. 19. Conclusion
Tout en développant l’histoire mondiale, nous signalons les dangers qui se produisent quand on essaie trop simplement de faire coexister des cultures différentes dans une société. Un de ces dangers est le sentiment grandissant d’insécurité. Un besoin général et fondamental de l’homme est justement le besoin de sécurité au milieu du groupe sûr propre et la défense contre l’inconnu. Les gens ne sont pas égaux, bien qu’il soient équivalents. Voilà la réalité. Il serait naïf de supposer que cette réalité est valable pour le reste du monde, mais pas pour les Pays-Bas.
La société multiculturelle ainsi que l’unification socioéconomique de l’Europe sont imposées trop hâtivement, obscurément et trop « d’en haut ». Il est question de dispersion régionale au lieu d’intégration. Voilà pourquoi les électeurs sont à la recherche d’alternatives sûres et régionales. Autrefois, l’Église et l’État tenaient leurs adversaires en bride avec les paroles : « Vous êtes un hérétique ! ». Mais de nos jours, cela n’a plus d’effet, bien que la remarque « Vous êtes raciste ! » est un moyen optimal pour figer à tort et à travers le droit à la libre opinion (un droit naturel). Les modeleurs de l’opinion publique s’acquittent de leur tâche. La pression dans la chaudière ne diminue que temporairement. Celui qui ne veut rien à voir avec la question est coupable si l’histoire se répète.
Un gouvernement raisonnable, comme en France, reconnaît les problèmes et s’efforce d’établir l’uniformité culturelle. Le gouvernement qui encourage ses immigrés et minorités à se servir de ses propres mœurs et coutumes, à se servir de sa propre langue apportée et à l’importation des propres lois et cultures hiérarchiques ne rend pas un bon service à sa propre population autochtone. Nous « balkanisons » ainsi les Pays-Bas. Ce qui reste est un gouvernement non démocratique qui, uniquement au moyen de suppression, peut arracher la société multiculturelle. Un tel développement nous semble aller contre le peuple néerlandais et est extrêmement indésirable.
Un pays avec une forte unité culturelle ne connaît pas les menaces des minorités qui différent culturellement. Là, on peut se concentrer facilement sur l’intégration de personnes à l’air différent, mais qui littéralement et figurativement parlent la même langue. Une vague continue d’immigrés, au contraire, rend en fait impossible une bonne intégration.
Revue 2009
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