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mardi, 08 mai 2012

Une population trop dense est l’ennemie de la liberté

Prof.dr.ir R.A.A. Oldeman, professeur émérite de Sylviculture et d’Écologie forestière (actuellement WU)

Imaginez le cas d’une population qui deviendrait toujours plus dense et plus diversifiée en même temps. Ensuite, des frictions se produisent de plus en plus entre les membres de cette population.

Les habitants des Pays-Bas nés durant la première moitié du XXe siècle connaissent cela de par leur propre expérience. Vers 1950, les habitants de notre pays possédaient une vaste mémoire de comportements et d’idées communs, et il y avait environ dix millions de Néerlandais. En revanche, l’accent était plus mis sur les différences, peu nombreuses, mais parfois profondes : ainsi, un protestant n’allait que rarement faire ses achats dans un magasin catholique. Donc, les nombreuses ressemblances n’étaient pas très visibles. Il y avait cependant assez de variété pour éviter l’ennui et la plupart des gens pouvaient être eux-mêmes en toute liberté.

Le cloisonnement de l’époque n’était peut-être pas si opprimant qu’on le prétend à l’heure actuelle. Le fait que certaines choses n’étaient pas permises, ou que la police contrôlait sévèrement que l’on ne portait pas préjudice à autrui à vélo, n’était pas spécialement perçu comme de l’oppression, mais plutôt comme étant « la meilleure façon d’agir possible pour le plus grand nombre possible ».

Dans ce pays, depuis 1940, nous sommes de deux manières dans les jambes l’un de l’autre.
Littéralement, d’abord. À cause du doublement de la population – jadis, neuf millions et aujourd’hui plus de seize millions de personnes – la moyenne du « territoire personnel » a diminué, passant de 0,4 à 0,2 hectare, soit environ 2000 m2. Et de cela, il faut enlever notre part dans les routes, les villes, les maisons, les ports, l’industrie, les parcs, l’agriculture.... Si cela représente en gros la moitié, il nous reste à chacun un petit carré d’environ 30 x 30 mètres. Dans les zones d’habitat, nous sommes à portée de voix l’un de l’autre. Notre liberté d’aller et de rester où bon nous semble est devenue restreinte. Nos espaces communs – parcs, routes, centres commerciaux, aires de stationnement – sont aussi de plus en plus souvent envahis par des gens impolis, agressifs, toxicomanes ou attirés par le sexe, ou par des désœuvrés quelque peu voleurs, qu’ils soient en bandes ou non.

Après le tournant de mai 68, une deuxième restriction de liberté a surgi, non pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. On a simplifié l’idée de liberté jusqu’à en faire « On doit pouvoir tout faire », le « tout est possible, tout est permis », du Paris de Georges Moustaki. C’est le monde à l’envers. Ce qui était auparavant bonne action ou comportement correct est proclamé méfait ou indécence, tandis que ce qui était crime et grossièreté devient formes de la sacro-sainte liberté. Tout cela est couvert par une nouvelle législation, qui interdit aux gens beaucoup de leur propre liberté, ou la restreint fortement. Cette loi n’a rien de commun avec les lois fondamentales, comme les Dix Commandements. La nouvelle loi est née de la négociation et peut être révoquée ou changée d’un jour à l’autre. Très vite, tout devient si compliqué que plus personne n’y reconnaît ou – à vrai dire aussi – n’y admet un socle commun pour la vie en société.

D'où les circuits « noirs » qui émergent toujours dans l’histoire là où la loi n'est plus considérée comme équitable, et certainement pas ses serviteurs (« les publicains »). L’argent noir est la protestation contre des lois patrimoniales injustes, le travail au noir la protestation contre une législation du travail aberrante. Cela peut devenir encore plus grave, comme la secrète « Sainte-Vehme » de l’Allemagne du début du XIXe siècle, qui a enlevé, jugé et pendu des gens qui étaient « ignorés » par les lois étatiques. Tout comme la mafia, la Sainte-Vehme a fini d’ailleurs en arbitraire et terreur au lieu du droit.

Par le biais des techniques d’information et de communication contemporaines, utilisées comme armes, on peut maintenant ficher les gens de façon à ce que chacun puisse être partout suivi et poursuivi. Les revendications arbitraires de « bien » et de « mal », négociées dans la législation moderne, peuvent être impérativement mises en place maintenant. En effet, un compte bancaire peut être fermé « par accident » sans comparution du récalcitrant, ou une voiture placée sur une liste noire. Il y a déjà des films d’épouvante qui ont été faits à ce propos. Impossible dans notre beau pays ? Des pays hautement civilisés comme l’Allemagne d’avant-guerre ou les États-Unis actuels (McCarthy, l’actuelle « guerre contre le terrorisme ») montrent que non seulement cela est possible, mais que cela a déjà été introduit à pas feutrés. Cela nous est vendu sous le prétexte de « sécurité » ou de « facilité pour le citoyen ou le client » (voir les codes PIN, ou les empreintes digitales sur les passeports). Le concept flou de « protection de la vie privée » est utilisé pour contourner celui de « liberté », clair celui-là, comme dans l’affirmation « la sécurité prime sur la protection de la vie privée ».

L'image est claire. Une densité de population exorbitante, avec des territoires personnels et une sécurité rétrécis qui en découlent, et une diversité excessive des conceptions et des désirs dans une société qui dans la pratique a perdu ses lois, combinées avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, sont maintenant en train d’éliminer la liberté par une porte dérobée.

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